Les ventes de mon single ne m’ont rien rapporté…
…Une jeune chanteuse de rap, parlant de son single, vendu à plus de 650 000 exemplaires, dans l’émission de Rebecca Manzoni « Eclectik », sur France Inter, à 9h15, le mercredi 15 février 2006…Bon c’est vrai, l’ étude sur laquelle je suis tombé date d’ avril 2006… Mais la situation du disque n’a pas beaucoup évolué depuis, ou tout au moins elle ne s’est pas améliorée…
Cette étude émane de l’ADAMI (la société pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes). Pour les néophytes c’est la SACEM (auteurs & compositeurs) des interprètes (chanteurs et musiciens). Elle leur reverse certains droits sur l’utilisation des œuvres qui ne sont pas des droits d’auteurs (SACEM).
Le trafic du blog s’étant considérablement accru ces derniers jours (mon ami /b m’ayant fait un formidable cadeau pour le lancement de www.fairtrade-music.com), j’ ai donc trouvé que c’était le bon moment pour revenir sur le sujet.
Voici donc en résumé la synthèse sur les salaires réels de nos chers artistes interprètes.
Si vous avez toujours voulu savoir combien un interprète gagne lorsqu’il enregistre et vend des CD alors suivez le guide !
Première distinction : un artiste principal (comprenez sur la galette) ne touche pas les mêmes revenus qu’un artiste d’accompagnement (comprenez dans le livret).
Les interprètes qui sont liés à leur producteur par un contrat d’exclusivité traditionnel reçoivent à ce titre deux revenus principaux : les cachets d’enregistrement, à la séance, et dont les niveaux restent très bas et, pour les artistes principaux, les royautés (pourcentage) sur les ventes de leurs disques et sur les utilisations secondaires de leur travail.
La tendance actuelle des grandes maisons de disques est de faire peser de plus en plus les risques liés à l’enregistrement sur les artistes eux-mêmes et sur les producteurs, via ce que l’on appelle le contrat de licence. Les artistes auto-produisent leur musique et la maison de disque « exploite » les œuvres. Comprenez donc que les revenus des artistes commencent par être négatifs lorsqu’ils réalisent un enregistrement à 30 000 €…
En moyenne, pour un album de variété française, l’interprète principal reçoit des royautés qui correspondent à 4 % du prix de vente TTC au public soit moins de 60 centimes d’euro par CD. Ces royautés doivent être partagées entre les artistes s’il s’agit d’un groupe.
Pour le jazz et le classique, et les genres moins diffusés, un soliste touche généralement 2 % du prix de vente au détail, soit environ 30 centimes par disque vendu.
Pour une vidéo live de son concert vendue en moyenne 19,99 € chez un disquaire, un artiste principal reçoit en moyenne 2 % du prix de vente, soit 60 centimes d’euro.
Les musiciens d’accompagnement ne reçoivent en général pas de royautés sur les ventes, et cèdent fréquemment leurs droits sur les utilisations secondaires de leur travail pour une somme forfaitaire.
Mais ce n’est pas tout…
Lorsque l’on regarde les contrats d’exclusivité de plus près on remarque que ces royautés sont systématiquement réduites par un ensemble d’abattements (de 10 à 75%) qui privent donc les artistes d’un à deux tiers de ces revenus.
Toujours selon l’étude de l’ADAMI, le web et la téléphonie mobile n’offrent pas une meilleure situation aux artistes interprète :
Pour un titre vendu 99 centimes, l’artiste perçoit en général 3 à 4 centimes et forcément les artistes d’accompagnement ne reçoivent rien…
Pour une sonnerie vendue 3 €, l’interprète principal touche 12 centimes…
On regrette donc, comme l’ADAMI, que la question de savoir combien les artistes gagnent ne soit pas une préoccupation de l’industrie car nous pensons qu’elle est une des clés du décollage du marché de la musique en ligne…
Fair Trade Music veut donner la clé aux artistes indépendants !
Selon la théorie de Kevin Kelly, maintenez le contact avec 1000 véritables fans. C’est-à-dire qu’ils soient capables de faire 200 kilomètres pour vous voir en concert… ou encore vous apporter 100$ de recettes par an. Le challenge est de taille certes mais de maintenir le contact avec ces mille fans et de leur vendre pour 100$ de produits dérivés vous permettront de vivre de votre art, en toute indépendance. C’est la réalité des artistes interprètes/producteurs aujourd’hui.
L’étude de l’ADAMI est ici.
La théorie de Kevin Kelly est là.


8 août 2008 à 14:42
Un enregistrement à 30000€ ?
Je bosse dans la musique (chez un indé) et je crois que malheureusement comme la plupart des gens de ton milieu, tu confonds la musique avec ce que tu vois à la TV et tu entends à la radio. Tu sais la variété ce n’est pas toute la musique. Tu sais la plupart des groupes ayant des démarches artistiques signent des contrats d’exclusivité ensemble. Tu sais il y a aussi, le jazz, le classique et compagnie. Tu sais que la soit disante injustice que tu dénonces ne concerne que très peu de musiciens ? Elle existe, j’en conviens mais ce que je veux dire par là, c’est que je comprends difficilement comment on peut prétendre dénoncer un système avec si peu de recul.
11 août 2008 à 21:18
L’idée est très bonne, au plus le temps passe au plus je galère pour trouver autre chose que de la merde commerciale.
Enfin nos artiste pourront s’exprimer avec indépendance.
Merci pour l’initiative
12 août 2008 à 16:23
Il serait temps en effet de faire connaître les artistes à leur juste valeur
14 août 2008 à 16:14
sa crain sa par en couille tou sa !!! enfaite tous par en couille il ya tellement de probléme partout kil vo mieu fermer les yeux
19 août 2008 à 11:17
Oui c’est vrai j’ai pris la fourchette haute pour l’enregistrement. Néanmoins un enregistrement classique ou jazz n’en est pas très loin. Il n’y a pas que la variété j’en conviens.
Par contre je ne suis pas d’accord lorsque tu dis que l’injustice ne concerne que très peu de musiciens…
Il suffit d’écouter les expériences de nombres d’entre-eux pour s’apercevoir que cette industrie est injuste.
Je précise que j’ai écris ce post en m’appuyant sur une étude de l’Adami, que tu connais bien si tu travailles dans un label qui signent des contrats d’artistes.