Archive pour la catégorie ‘Archives - marché’

Musiques électroniques : vers un développement de la musique 8-bits ?

Jeudi 21 août 2008

Avec le lancement des applicatifs mobiles sur les téléphones portables et notamment depuis l’arrivée de l’iphone, on peut imaginer le développement d’une nouvelle vague de musique électronique de type 8-bits.

Le mouvement 8-bits tire son nom de l’octet : l’unité de base du codage informatique. Initiée grâce aux machines comme l’Atari 800, le Commodore 64 et les consoles Nintendo, la musique 8-bits est le mouvement « low-tech » de la musique électronique.

 

Il est intéressant ici de faire des comparaisons avec l’arrivée de la guitare électrique pour le rock ou du synthétiseur, du sampler, du vocoder… A chaque innovation technologique son lot de créativité et ses courants musicaux.

 

Le développement des applications mobiles sur les terminaux nous amènera certainement de nouvelles manières de concevoir et de vivre la musique.

Il faut bien avouer que dans cette ère sociale et ludique, les applis de l’iphone par exemple ont toutes les possibilités techniques pour permettre quelque chose de plus fun, en concert ou via de nouvelles performances du type ipod battle. Des concerts instantanés, à distance, en mouvement… L’artiste deviendrait alors le chef d’orchestre numérique et le pilote de ces nouveaux instruments… Ce fût en son temps le génie de Pierre Henry.

Une nouvelle génération de musiciens qui regardent autour d’eux les outils à disposition. C’est ce que nous vous encourageons à faire !

 

Reformat the planet : un documentaire accessible gratuitement pendant une semaine sur la musique 8-bits.

La vidéo d’un groupe de musiciens jouant uniquement avec des iphone.

Les ventes de mon single ne m’ont rien rapporté…

Mardi 29 juillet 2008

…Une jeune chanteuse de rap, parlant de son single, vendu à plus de 650 000 exemplaires, dans l’émission de Rebecca Manzoni « Eclectik », sur France Inter, à 9h15, le mercredi 15 février 2006…Bon c’est vrai,  l’ étude sur laquelle je suis tombé date d’ avril 2006… Mais la situation du disque n’a pas beaucoup évolué depuis, ou tout au moins elle ne s’est pas améliorée…
Cette étude émane de l’ADAMI (la société pour l’Administration des Droits des Artistes et Musiciens Interprètes). Pour les néophytes c’est la SACEM (auteurs & compositeurs) des interprètes (chanteurs et musiciens). Elle leur reverse certains droits sur l’utilisation des œuvres qui ne sont pas des droits d’auteurs (SACEM).

Le trafic du blog s’étant considérablement accru ces derniers jours (mon ami /b m’ayant fait un formidable cadeau pour le lancement de www.fairtrade-music.com), j’ ai donc trouvé que c’était le bon moment pour revenir sur le sujet.

Voici donc en résumé la synthèse sur les salaires réels de nos chers artistes interprètes.

Si vous avez toujours voulu savoir combien un interprète gagne lorsqu’il enregistre et vend des CD alors suivez le guide !

Première distinction : un artiste principal (comprenez sur la galette) ne touche pas les mêmes revenus qu’un artiste d’accompagnement (comprenez dans le livret).

Les interprètes qui sont liés à leur producteur par un contrat d’exclusivité traditionnel reçoivent à ce titre deux revenus principaux : les cachets d’enregistrement, à la séance, et dont les niveaux restent très bas et, pour les artistes principaux, les royautés (pourcentage) sur les ventes de leurs disques et sur les utilisations secondaires de leur travail.

La tendance actuelle des grandes maisons de disques est de faire peser de plus en plus les risques liés à l’enregistrement sur les artistes eux-mêmes et sur les producteurs, via ce que l’on appelle le contrat de licence. Les artistes auto-produisent leur musique et la maison de disque « exploite » les œuvres. Comprenez donc que les revenus des artistes commencent par être négatifs lorsqu’ils réalisent un enregistrement à 30 000 €…

En moyenne, pour un album de variété française, l’interprète principal reçoit des royautés qui correspondent à 4 % du prix de vente TTC au public soit moins de 60 centimes d’euro par CD. Ces royautés doivent être partagées entre les artistes s’il s’agit d’un groupe.

Pour le jazz et le classique, et les genres moins diffusés, un soliste touche généralement 2 % du prix de vente au détail, soit environ 30 centimes par disque vendu.

Pour une vidéo live de son concert vendue en moyenne 19,99 € chez un disquaire, un artiste principal reçoit en moyenne 2 % du prix de vente, soit 60 centimes d’euro.

Les musiciens d’accompagnement ne reçoivent en général pas de royautés sur les ventes, et cèdent fréquemment leurs droits sur les utilisations secondaires de leur travail pour une somme forfaitaire.

Mais ce n’est pas tout…

Lorsque l’on regarde les contrats d’exclusivité de plus près on remarque que ces royautés sont systématiquement réduites par un ensemble d’abattements (de 10 à 75%) qui privent donc les artistes d’un à deux tiers de ces revenus.

Toujours selon l’étude de l’ADAMI, le web et la téléphonie mobile n’offrent pas une meilleure situation aux artistes interprète :

Pour un titre vendu 99 centimes, l’artiste perçoit en général 3 à 4 centimes et forcément les artistes d’accompagnement ne reçoivent rien…
Pour une sonnerie vendue 3 €, l’interprète principal touche 12 centimes…

On regrette donc, comme l’ADAMI, que la question de savoir combien les artistes gagnent ne soit pas une préoccupation de l’industrie car nous pensons qu’elle est une des clés du décollage du marché de la musique en ligne…

Fair Trade Music veut donner la clé aux artistes indépendants !
Selon la théorie de Kevin Kelly, maintenez le contact avec 1000 véritables fans. C’est-à-dire qu’ils soient capables de faire 200 kilomètres pour vous voir en concert… ou encore vous apporter 100$ de recettes par an. Le challenge est de taille certes mais de maintenir le contact avec ces mille fans et de leur vendre pour 100$ de produits dérivés vous permettront de vivre de votre art, en toute indépendance. C’est la réalité des artistes interprètes/producteurs aujourd’hui.

L’étude de l’ADAMI est ici.
La théorie de Kevin Kelly est .

Loi Hadopi : une coupure tout net !

Mercredi 18 juin 2008

Directement inspirée du rapport Olivennes (du même nom que l’ex patron de la Fnac), la loi Hadopi est la loi censée mettre fin aux téléchargements illégaux sur Internet. Un projet très polémique auquel nous nous opposons fermement, notamment en signant l’appel lancé aux députés par le magazine SVM.

Petit éclairage. Créant une autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, la loi Hadopi a des raisons d’inquiéter les internautes français. Le principe de cette loi est assez simple : le téléchargement illégal de titres sur la toile sera automatiquement suivi d’un avertissement par mail qui en cas de récidive se transformera en une coupure pure et simple de votre abonnement à Internet.
Rappelons que l’email et la lettre recommandée préalables sont inscrits comme “facultatifs” dans le projet de loi. Autrement dit, en cas de constatation de téléchargements illicites répétés pendant un an, la Haute Autorité pourra directement prononcer la suspension de votre accès Internet et le fichage sur une liste noire.

Cette surveillance et ces mesures n’existent pas dans les cas les plus graves d’escroquerie ou d’atteinte aux personnes… C’est certainement ce qui a motivé la Suède par exemple, devant un texte similaire, à s’abstenir. D’autant que les députés européens viennent de se prononcer en faveur d’un texte voulant protéger les droits fondamentaux des internautes en engageant les états membres à “éviter l’adoption de mesures allant à l’encontre des droits de l’homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d’efficacité et d’effet dissuasif, telles que l’interruption de l’accès à Internet”.
Un contretemps de taille face aux discours des majors et à la mesure phare du projet de loi, la coupure de l’accès. Et effectivement, la question de la proportionnalité de la sanction est valablement posée. Imaginez-vous vous faire confisquer votre voiture à cause d’un mauvais stationnement… D’autant que cette infraction donnera lieu à une sanction administrative, sans possibilité de défense réelle devant un juge.

Reshape-music est bien évidemment contre cette loi, d’autant qu’elle n’apporte pas de solutions pour améliorer la rémunération des auteurs sur Internet. Ce projet de loi vise plutôt à permettre à l’industrie de surveiller et de filtrer les connexions sur le réseau. Pire, nous pensons qu’il est utopiste de vouloir contrôler les échanges qui se feront très vite différemment. Lutter contre le piratage aujourd’hui c’est comme vouloir lutter contre la mondialisation… Face à la technique, les modèles classiques construits autour des droits d’auteurs sont caducs !
Cette loi se veut liberticide puisqu’elle pourra bientôt exclure et priver de nombreux foyers d’une connexion Internet, devenue essentielle à la vie sociale.

Signez vous aussi l’appel aux députés du magazine SVM en cliquant sur ce lien.

La musique assiégée, le livre sur la musique équitable

Lundi 5 mai 2008

Présenté en avant-première à l’Irma, La musique assiégée co-écrit par Charlotte Dudignac et François Mauger vient de paraître aux éditions de L’échappée.

Dressant un constat alarmant sur l’état de la filière, le livre commence par un état des lieux du marché du disque et de la scène en France et nous rappelle que le système disque n’a pas toujours existé. Un autre modèle est donc possible pour les interprètes, auteurs et compositeurs.

En décryptant l’industrie de la musique et en se rapprochant d’une cinquantaines d’acteurs du monde musical, des musiciens en passant par les producteurs et autres managers, Charlotte et François reviennent sur la crise actuelle et ouvrent des pistes pour une musique équitable en présentant les initiatives actuelles en France.

On peut donc dire aujourd’hui que le marché de la musique équitable a vu le jour, les initiatives se multiplient et notre filière se structure.

Désormais, la prochaine étape sera de fédérer les différents acteurs qui s’engagent concrètement afin de proposer des alternatives nouvelles, en faveur des artistes et de leurs équipes.

En attendant de nous rejoindre sur www.fairtrade-music.com, je vous conseille donc le travail de Charlotte et François : La musique assiégée, d’une industrie en crise à la musique équitable.

Couverture de La musique assiégée